

À la lutte pour le maintien, Reims veut "jouer le coup à fond" en Coupe de France
Aux portes d'une finale de Coupe de France... et d'une descente en Ligue 2: Reims vit une saison paradoxale, avant sa demi-finale à Cannes mercredi (21h00), où le club de la Marne espère poursuivre sa parenthèse enchantée.
Alors que sa situation en championnat est délicate, en quinzième place, Reims dispose d'une occasion en or de "réaliser quelque chose d'historique", selon son entraîneur, Samba Diawara, sur la pelouse d'un adversaire qui évolue trois divisions en dessous de lui.
Pour autant, le club champenois n'entend pas prendre le club azuréen à la légère. "On n'a pas présenté (aux joueurs, NDLR) Cannes comme une équipe de National 2, poursuit l'entraîneur. Son propriétaire, qui est aussi celui de l'AS Roma (Dan Friedkin), a l'ambition affichée de retrouver le monde professionnel et il s'en donne les moyens."
Aux tours précédents, Cannes a ainsi éliminé trois équipes de Ligue 2: Grenoble (3-2), Lorient (2-1) et Guingamp (3-1). Raison pour laquelle le milieu Valentin Atangana entend prendre son adversaire "très au sérieux". "Il faudra montrer la différence entre la Ligue 1 et le National 2."
Vainqueur de la Coupe de France en 1950 et 1958, Reims a l'occasion de renouer, un peu, avec son glorieux passé, dont ladernière ligne dans cette compétition remonte à sa finale perdue face à Saint-Étienne, en 1977. "Quand on est à une marche d'une finale, on se doit de jouer le coup à fond, même si on va peut-être y laisser des forces", anticipe Diawara.
- Plusieurs cadres désavoués -
Parce que l'autre objectif primordial du club est de se maintenir en Ligue 1 et jusqu'à samedi dernier, il restait sur quinze matches sans victoires en championnat. Cette disette a d'ailleurs coûté sa place à Luka Elsner début février, neuf mois après son arrivée en Champagne. Son successeur a enchaîné cinq défaites, puis un nul, avant d'enfin gagner contre Marseille (3-1) et contre toute attente, samedi.
"On va arriver avec plus de confiance, le mental sera bon", assure Atangana. "Il y a eu un peu de soulagement, mais dès le lendemain, on a remis les pieds sur terre, explique son entraîneur. On ne peut pas se permettre d'être euphorique, car on est dans la même situation en championnat. Il ne faut pas s'enflammer." En conséquence, le jeune entraîneur (47 ans) vient de faire des choix forts.
Face à Brest (0-0), le 16 mars, le Franco-Sénégalais s'est passé de son capitaine Teddy Teuma et de son leader technique Junya Ito, tous deux moins en vue. Puis, contre l'OM, c'est l'attaquant Oumar Diakité, muet depuis le 23 novembre, qui n'a pas été convoqué. "Quand les leaders ne sont pas au niveau, c'est important qu'ils le sachent, a lâché Diawara après cette rencontre. On veut des joueurs qui pensent à l'équipe avant leur situation personnelle." Les jeunes Atangana et Mamadou Diakhon, buteurs face à Marseille, ont pris le relais.
L'entraîneur rémois a une nouvelle fois piqué son groupe, trois jours plus tard, en conférence de presse. "Ce que je reproche aux joueurs, ici, c'est que dès que ça devient dur, on s'arrête. On ne doit plus avoir cette mentalité, exhorte l'entraîneur. Je suis certain que la perspective de disputer une finale de Coupe de France pourra être une carotte pour que les joueurs se fassent un peu plus violence en championnat."
P.Ortiz--RTC